Un monde
fantastique,
étrange, habité
de femmes
hybrides,
exubérantes,
c'est l'univers
de Cécile Barré






Cécile Barré

Née en 1970 à Nantes

Diplômée des Beaux Arts de Brest

Vit à Nantes


Expositions

  • Le Temple du Goût à Nantes "les femmes baroques" - 1996

  • Le Rayon Vert à Nantes exposition collective - 1996/97/98

  • Centre Culturel de Sablé - 1998

  • Lycée Léonard de Vinci à Montaigu - 1996

Galerie/Artistes/Cahiers


Démarche
Textes de Cécile Barré

Les travestis, j'en ai rencontré, eux s'enrobaient et moi à ce moment là, je me dérobais de mon corps en m'enrubannant. Rien de plus magique que l'homme se caméléonnant en femme, enfilant la carapace affriolante, parfois grotesque; extravagante par son artifice. Les pistes sont brouillées. Tout devient artifice et apparence. Cette chair cachée qui est mystérieuse comme peut l'être notre vie est mise au secret sous le vêtement et le fard.

Le monstrueux, c'est toute l'histoire de l'humanité. Le monstre est omniprésent dans toute l'histoire de l'art.
Je me suis intéressée plus particulièrement "aux monstres du classicisme" en France, qui sont déguisés, voilés, suggérés pour des raisons religieuses et profanes; le monstre ne doit pas être montré tel quel mais caché.

Mon deuxième intérêt s'est posé sur "les monstres de Bomarzo" du 16 ème siècle. Il s'agit de monuments étranges construits par le Duc Vicino Orsini, cet homme jaloux pour effrayer et décourager les seigneurs de courtiser sa belle avait fait construire des monstres autour de son château. Ces expériences rapportées dans mon monde imaginaire, j'adopte différentes identités pour jouer sur l'ambiguïté. Il y a un glissement d'ordre humain vers un caractère animal et végétal Je deviens mon propre sujet influencé par:

  • Le Buto
  • Les Beaulses du bengal
  • Les femmes poubelles d'Arkaos
Je me tourne vers un extérieur bien précis qui est le monde du geste. Ces individus, je les vois comme sculpture vivante, organisation, composition, décomposition, structure, couleur... Le Buto, c'est l'histoire et la culture du Japon.

Dans le Buto, le corps est un élément spectaculaire. C'est une initiation aux gestes, aux masques, au temps, à l'espace de l'art. Les danseurs ont toute une gamme d'expression physique: équilibre,déséquilibre, corps en ascension, corps contorsionnérecroquevillé, hiératique.

Les Beaulses du bengal: Ces hommes qui dansent,des perles aux bouts des pieds, qui tourbillonnent sur eux.Je les perçois comme des marionnettes affublées de tissus colorés.

Les femmes poubelles d'Arkaos: Ce qui m'intéresse ici, c'est la verticalité des personnages ou leur ascension dans l'espace: le tourbillon sur un pied, la femme tournoyant accrochée à son fil en haut de la grue. Ma démarche c'est comme un jeu de cache-cache où je confonds l'image des travestis, des monstres et la mienne. On est en osmose... Une envie de jouer sur l'ambiguïté, de fabriquer ce que je ne suis pas, d'exercer mes fantasmes, alors je me déforme, me transforme en m'appropriant par le biais des travestis leurs artifices (voir sculptures, éléments décoratifs, fil) et à travers les monstres, le côté lambeau, déchirure, tissu rapiécé.

De mon corps, de ma vie, de leur corps, de leur vie, je fais de grandes enveloppes verticales, inaccessibles par leur hauteur. Moi seule peut avoir ce contact charnel,vertigineux lorsque je suis en haut de mon échelle entre l'équilibre et le déséquilibre.

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