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Autoportrait
Ce sont vraiment des idées
reçues de penser qu'un peintre
exprime ses sentiments
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Guillon Le Masne Eric
Né en 1944 à Angers
Diplôme des Beaux Arts en 1968
Enseignant en Arts plastiques
Vit et travaille près de Nantes
- Expositions personnelles
- 1989 - CAC, Saint Brieuc
- Maison de l'avocat, Nantes
- 1991 - Galerie Antarès
- 1992 - Espace Culturel ONYX,
Saint Herblain
- Espace Bréa, Nantes
- 1993 - Espace Rive-Sud, le Pellerin
- Galerie le Rayon Vert, Nantes
- 1994 - Galerie les Voûtes
d'Alexio, Blois
- Galerie Art Autrement, Tours
- Ateliers Dubigeon, Nantes
- 1997 - Maison de la culture,
Inowroclaw
- Hôtel les Côtes d'Armor, Plestin les Grèves
- 1998 - Lycée de Bougainville,
Nantes
Expositions
collectives
- Centre d'action culturelle, Saint-Brieuc
- "Bretagne" tous les deux ans
- "Petit marché de l'Art"
et " Les Buttineries" Galerie Le Rayon Vert
- Bibliothèque Universitaire
d'Angers
- Galerie Moulin Gautron, Vertou
- Château de Beauregard
- Blois
- Saint Barthélémy
- Paris
- Salons
- Amis de l'Art, Musée des
Beaux Arts, Nantes
- Biennales de Nantes "Bretagne"
- Ventes publiques
- Hôtel Richelieu Drouot,
1998
- Récompenses
- Prix Société des
artistes de l'Ouest, 1965
- Biennale de Saint-Brieuc, "Renouvellement
de l'Art Figuratif
Contemporain", 1981

Démarche
- Un homme et une toile
- Derrière l'air bon
vivant du peintre Eric Guillon Le Masne se dessine un regard déchiré
qui laisse perplexe: un oeil peut-être trop serein et un autre...trop
sensuel? Pour découvrir l'homme et sa peinture, il faut écouter
et regarder de près. Portrait d'un peintre.
Grand, la tête haute, G.L.M a la présence d'un fils de
l'aristocratie.Il cultive aussi son côté artiste, ce côté
"exhibitionniste"caractéristique des plasticiens. Avant tout
peintre et accessoirement professeur d'Arts plastiques, G.L.M a un diable
au corps: la peinture.
Histoire d'en peindre
- Plongé dans la peinture
quand il était petit grâce à une brève rencontre
avec son grand père, Amédée de la Patellière,
peintre reconnu, c'est à quinze ans que G.L.M pensionnaire esseulé,
commence à peindre. Passionné, il entre aux Beaux-arts.
Aujourd'hui, par nécessité plus que par vocation, G.L.M
enseigne les Arts Plastiques au lycée. L'enseignement lui permet
d'être dans un état de recherche permanent: Cela me donne envie de ce que devrait être au fond
l'enseignement de ma matière c'est-à-dire envie de "faire".
J'apprends toujours en faisant. Je suis assez praticien: c'est un peu
l'origine de ma formation.
Ce spectateur du monde savoure cet état de grâce qui est l'instant de faire.
- Un voyage, une rencontre, une
conversation, G.L.M s'approprie les choses par le regard et par la main,
l'imprévu devenant Oeuvre.
Peindre la représentation toute faite que l'on a d'une chose
ou tomber dans la facilité virtuosité
qui ne donnera rien de bon désintéresse ce voleur d'image,
ce captureur de sa propre réussite
comme il aime à se définir. Peindre, c'est difficile et
angoissant; c'est à l'opposé du loisir.
L'homme qui en savait trop
- Sept ans de réflexion
et de travail ne lui ont pas été suffisants pour créer
un
vrai langage, un vrai "style" puisque G.L.M attendra l'âge de
quarante ans
pour exposer ses toiles. Ces expositions ont d'ailleurs plus été
un point d'aboutissement qu'une réussite.
Car faire l'autopsie de la peinture classique
ne lui a pas valu que des compliments.
Mais G.L.M a trouvé justes et pertinentes des remarques telles
celle d'un critique qui avait écrit: "Est-ce du Guillon Le Masne
ou du Fra Angelico ?" Puisque le peintre pense que tout ne peut pas
venir de soi même; le but n'étant pas l'imitation mais
des révélations sur soi. En passant par les peintres les
plus formalistes G.L.M veut l'oiseau et
son vol, c'est-à-dire à
la fois la fixité d'une chose dont on comprend la loi et sa réalité.
Son style, qui a pu être qualifié "d'expressionniste" lui
importe peu. C'est plus le rapport du spectateur à l'oeuvre qui
intéresse l'artiste: être actif devant un tableau, s'y
reconnaître, en sortir grandi et c'est un jour de fête.
La peinture intelligente s'adresse à notre sensibilité
et pas forcement à notre savoir.
- Les hommes préfèrent
les formes
La volonté de "casser le classique". G.L.M la tient de son passé:
Je suis un enfant de la guerre.
Aussi, à l'image des camps de concentration, du "moderne" Bernard
Buffet et de la musique rock, à l'image des toiles de son grand-père,
on retrouve chez G.L.M un goût certain pour l'agressif et pour
"l'ancien", son trait ravageur et expressionniste donne la touche finale
à sa peinture.
- Et puis, pour répondre
à sa génération camouflée,
il libère ses fantasmes érotiques en peignant des femmes
nues sans trop les montrer.
Ainsi, la mutilation de son Autoportrait dévoile un côté
caché et intime de sa personne. La
fantasmagorie de la peinture, celle qui
n'est pas qu'une apparence mais un jeu de faux-semblant d'illusion et
de merveilleux. L'artiste ne tend cependant pas à la sentimentalité
dans ses sujets: Ce sont vraiment des idées
reçues de penser qu'un peintre exprime ses sentiments... Jamais!
La peinture, c'est plus pour créer.
- G.L.M torture, déchire,
démembre toute l'admirable rhétorique de ses prédécesseurs
sans pour autant concéder en quoi que ce soit à la facilité.
Il impose sa personnalité par son refus de la mode, sa réticence
à céder aux sollicitations commerciales, à tout
ce qui rend une grande partie de la peinture actuelle brouillonne, bavarde
ou conformiste.
L'homme au portrait s'est un peu dévoilé et le coup d'oeil
en valait la peine. Alors modeste ou pas... bravo l'artiste !
Anne-Claire Veneau.
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