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L'urgence d'être là;
présent à moi même.
Mais comme c'est
dur de se défaire
de nos masques.
Il faut toute une
vie pour retrouver
le regard et la
simplicité de
l'enfance.



" ou maintenant, quand
maintenant sans me le
demander dire-je ! !

l'innommable de S.Bechket





Mes performances
sont une manière de
m'immerger dans l'oeuvre.
C'est l'inverse d'une
représentation.
Rien ne se joue sinon moi
même à travers une
métaphore qui combine
les matériaux de la peinture
et de la sculpture.



Performance:"La bouche du silence"dans une roue d'acier


 




De Sagazan Olivier
Né en 1959 à Brazzaville (Congo)
1980/84 Etude de biologie et de philosophie
1984/86 Coopération au Cameroun
1987 Réalisation d'Ipsul ou la rupture du cercle (bd )
 
Expositions
  • 1993
    - Musée de Bressuire
    - Premier prix Versailles jeunesse
  • 1994
    - Scène nationale à St Nazaire
    - Galerie Sourdille à Nantes

Galerie/Artistes/Cahiers

  • 1995
    - Centre culturel Athanor à Guérandes
    - Galerie "espace Pornichet"
    - Atlantia, rencontre internationale de la Baule
  • 1996
    - Atelier haute couture M.A Lepercq rue Royale à Paris
    - Atelier porte ouverte, Montmartre à Paris
    - Exposition galerie les Océanes à Pornichet
    - Galerie Le Rayon Vert, performance avec
    Bernard Noël
  • 1997
    - Exposition performance AFPA à St Nazaire
    - Exposition " vol sur l'herbe " à Vern sur Seiche
    - Premier prix de sculpture à Villèque
    - Illustration d'Hervé Diasnas (saison de la danse )
    - Exposition : l'oeil du Croisic
    - Exposition au Rayon Vert à Nantes
    - Performance au Pannonica à Nantes
  • 1998
    - Galerie Pierre et Marie Vitoux Paris 4
    - Créations Vidéo : "La bouche du silence" et "Montée en chair",
    diffusées à Video forme (La Baule)






Démarche

Après un long cheminement sur la représentation du corps où l'intérieur
doit être déterré parce qu'il ne faut pas se mentir, où le mouvement est l'expression.
Des cris et tentations qui résonnent le long du corps, et où toujours
l'on ressent une imminente déflagration : subitement et de façon radicale
le champ des possibles est inversé :

Le corps se referme de ses blessures, restent les empreintes.
Le cri se concentre en un " 0 " d'inspiration. Les gestes fébriles ont
disparu avec les membres et convergent en surface. Dans sa rectitude
des arts premiers, " IL " attend, contemple, se donne.

Entre le bébé emmailloté et le vieillard dans son linceul, dans un champ temporel
détendu il trouve semble-t-il sa place , son office : Oeil-Du-Monde.
Et je voudrais tant que cela ne résonne pas avec Oeil-Immonde mais plutôt
avec Chant-Du-Monde.

De Sagazan Olivier

 

Art corporel

L'évolution actuelle du travail d'Olivier de Sagazan doit appeler,
chez les passionnés de danse, une attention renouvelée.

En effet, ce dessinateur-peintre-sculpteur, évolue vers une forme de
body-art, d'art corporel, dont la tension archaïque n'est pas sans rapport
avec certaine frange d'une danse des profondeurs.

Dans la performance, mais ce mot très connoté n'est peut-être plus
approprié, qu'il prépare pour le vernissage de son exposition de janvier,
l'artiste prévoit quelque chose qui relève vraiment d'un spectacle.

Enfermé dans un énorme tube à essai, baignant dans un liquide, branché
de multiples câbles reliés à des appareils, ces prothèses vitales qui entourent
l'homo technicus aux deux bouts de la vie, la naissance et la mort, enveloppés de
latex, Olivier de Sagazan va rejouer la parturition comme un spectacle.
Loin de l'anecdote, il s'agit bien, chez cet artiste fasciné par le vital
(rappelons qu'il fut professeur de biologie !), de retrouver un peu de la magie.
Ce projet se place à la rencontre d'influences multiples. Sur le plan plastique,
les arts primitifs, en vogue aujourd'hui mais appartenant au vocabulaire
de Sagazan depuis un séjour déjà ancien en Afrique, rencontrent une fascination
certaine pour le fantastique, tendance Mary Shelley.
Pour qui suit la danse avec un peu de persistance , on retrouve les échos
de préoccupations qui sont aussi celles de Benoît Lachambre et Liza
Witte, ou d'un splendide et malheureusement mal connu Living Space
des Hongrois de feu The collective of natural disaster.

Dans cette logique proche d'un certain Butô occidental ou d'un actionnisme post-
moderne, Olivier de Sagazan pose de vraies questions à la danse, d'autant que,
pour corser davantage un cocktail théorique déjà épicé, ce plasticien a découvert
la danse au travers des efforts de disciples de Gurdjeff...

Philippe Veriel ( rédacteur au " saison de la danse " )




A propos de "performance" : Aqua ça sert?
Mise en scène et interprétation d'O. de Sagazan, salle Pannonica,
le 29 Janvier 1997.


... La scène est dans la pénombre. Au milieu, un aquarium éclairé d'une
lumière glauque, et qui a les dimensions d'une citerne. Le contenu en est
un liquide trouble..., plus précisément un plasma traversé par un réseau de
tuyaux et de sondes, dans lequel flottent des membranes.
Parfois, il s'en échappe des bulles qui remontent à la surface, et qui
éclatent au milieu de borborygmes étouffés.

Ce n'est qu'au bout de quelques secondes, lorsque les yeux se sont accommodés
à cet univers aux formes incertaines et aux sons étranges que l'on croit
reconnaître au fond de la cuve, à travers le liquide et les membranes,
une forme humaine.

... Ses premiers mouvements sont auscultés et observés par une équipe de
soignants sourcilleux.
L'être finit par s'extraire péniblement de son milieu. Comme une chrysalide.
... Une fois sorti, il reste quelques instants en équilibre sur le bord, et pousse un
cri déchirant... avant d'affronter le monde qui lui paraît obscur et menaçant...

Sans aucun doute, le fait de naître apparaît ici comme une performance.
Douloureux efforts pour se mouvoir, souffrance des poumons envahis
soudainement par l'air.
Le fait de changer d'univers nécessite un douloureux effort de
l'organisme qui doit s'adapter aux nouvelles contraintes.
Contraintes physiologiques mais aussi culturelles et sociales.

Le spectateur a oublié ou plutôt enfoui dans son être, cette performance
première, à l'origine du fait de vivre, c'est-à-dire passer du non-être à l'être.
Ce spectacle nous la fait revivre comme un drame en pleine lumière.

Mais la performance est aussi d'un autre type. C'est celle de l'artiste qui
tente de s'introduire dans son oeuvre pour l'expérimenter de l'intérieur.

Immergé dans un univers biologique, le milieu ambiant de son oeuvre,
plus que la mort et la vie, il expérimente son oeuvre, les sujets et le drame
qui la constituent. Mais il s'agit bien là aussi d'une épreuve puisqu'il entre
de plein pied avec son corps matériel dans un monde qui appartient à l'imaginaire
et au symbolique.

La démarche peut apparaître narcissique, il s'agit bien en effet d'un repli ou d'un
retour sur soi ; mais elle est surtout une expérience menée à terme, un achèvement.
C'est le sens premier de "performance".
Aller au bout de soi dans son expérience d'artiste, pour Olivier de Sagazan, c'est
s'immerger dans le milieu de son oeuvre.

Ce plongeon dans l'oeuvre, une variante du saut à l'élastique dans le domaine de la
création artistique, est probablement une des tentations profondes de tout artiste.

Dominique BOUCHARD


Vous trouverez un dossier complémentaire sur Olivier de Sagazan dans le Cahier
du Rayon Vert "
Art et Mort"
ou bien allez voir son
site personnel

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